"Toi qui viendras lorsque je n'entendrai plus les bruits de la terre et que mes livres ne boiront plus sa rosée - toi qui, plus tard, peut-être me liras - c'est pour toi que j'écris ces pages ; car tu ne t'étonnes peut-être pas assez de vivre ; tu n'admires pas comme il faudrait ce miracle étourdissant qu'est ta vie. Il me semble parfois que c'est avec ma soif que tu vas boire, et que ce qui te penche sur sur cet autre être que tu caresses, c'est déjà mon propre désir.
(J'admire combien le désir, dès qu'il se fait amoureux s'imprécise. Mon amour enveloppait si diffusément et si tout à la fois, tout son corps, que , Jupiter, je me serais mué en nuée, sans même m'en apercevoir.)"
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